"Ce dossier n’est pas clos et la mobilisation doit continuer"

Daniel Deslauriers daniel.deslauriers@tc.tc
Publié le 29 juin 2015

Sarah Perreault

©Photo TC Media - Archives

Le tracé final du projet de ligne électrique à 120 kV continue de semer le mécontentement.

Le comité aviseur considère que ce tracé est inacceptable pour St-Adolphe. "Les améliorations apportées sont négligeables de sorte que les impacts seront majeurs pour notre municipalité. Pour nous, ce n’est pas un tracé de moindre impact. Nous croyons même qu’il y a nécessité de valider s’il s’agit réellement d’une solution de moindre impact pour la région", explique Sarah Perreault.

Pas d'acceptabilité sociale

"Hydro veut planter des pylônes et déboiser massivement sur le plus haut sommet de Saint-Adolphe, le mont Sapporo, de sorte que la ligne sera très visible. Et tout ça en expropriant fort probablement les seuls résidents de cette montagne. Si Hydro maintient le tracé actuel, un très grand nombre de propriétés seront dépréciées et il y a aura inévitablement des impacts sur l’économie de la municipalité. C'est un non-sens", dit-elle.

Les impacts les plus forts sont concentrés sur une seule municipalité, ce qui a permis à Hydro-Québec d’isoler politiquement Saint-Adolphe, constate Mme Perreault. "Les municipalités voisines sont soulagées d’avoir été épargnées, mais cela ne rend pas ce projet plus acceptable sur le plan social. Nous déplorons également qu’Hydro-Québec justifie dans les médias les besoins de cette ligne par la croissance de la demande dans les MRC des Laurentides et des Pays-d’en-Haut alors que, d’un autre côté, on nous explique que ce projet doit aussi répondre aux besoins de régions plus au sud, notamment Saint-Jérôme et Blainville où la croissance est beaucoup plus forte."

Hydro-Québec a produit un rapport d’analyse portant sur un scénario des experts de la municipalité qui visait à utiliser à 100% les emprises existantes. "Ce rapport, qui a sans doute été remis au ministre Arcand, est incomplet, car il ne fait pas état des solutions pour éviter d’enfouir la ligne ou de déplacer des bâtiments. Ces solutions mènent à un scénario qui utiliserait à 80% les emprises existantes", affirme Denise Payette du comité aviseur. "Ce scénario révisé des experts de Saint-Adolphe répond aux critères techniques et économiques établis par le comité technique régional. Et, dans une analyse sommaire réalisée à partir des critères d’Hydro-Québec, il y a tout lieu de croire que ses impacts sur le plan environnemental, paysager et humain seraient plus faibles que ceux du scénario retenu par Hydro-Québec", précise à son tour Sarah Perreault. La municipalité et le comité aviseur demandent donc à Hydro-Québec d’agir de manière responsable et de déposer ce scénario alternatif à la Régie de l’énergie afin qu’il puisse y être évalué par rapport au scénario retenu par HQ.

Le comité aviseur prendra connaissance, dès que possible, des ajustements recommandés par l’expert en impacts paysagers des lignes à haute tension mandatée par la municipalité. "Saint-Adolphe veut limiter les dégâts, mais nous poursuivrons notre travail conjoint municipalité/comité aviseur afin de s’assurer que le projet réalisé par Hydro-Québec soit réellement celui qui aura le moins d’impacts pour la région. Ce dossier n’est pas clos et la mobilisation doit continuer", conclut Denise Payette.