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4 décembre 2017

Quand la vie est plus forte que tout

Par Danielle Cloutier. François Thériault, d’Ivry-sur-le-Lac, a bien failli y passer le 21 octobre. Sans le courage des pompiers de la Régie incendie des Monts, il ne serait plus de ce monde.

François Thériault, rescapé du feu, est entouré des pompiers à qui il doit la vie, Yan et Simon Boivin.
François Thériault, rescapé du feu, est entouré des pompiers à qui il doit la vie, Yan et Simon Boivin.
© Information du Nord – Danielle Cloutier

Ce soir-là, sur le lieu de la tragédie, une résidence privée, se cachaient bien des surprises. S'adapter à la situation, prévoir l'imprévisible, être sous hyper vigilance... quand tous les sens guident, quand l'adrénaline est en mode sprint dans les veines, les pompiers ne peuvent que s'accorder une entière confiance entre eux. C'est aussi de leur propre survie dont il est question.

Ce soir-là, donc, l'équipe aura un objectif encore plus particulier à atteindre: sauver un homme resté prisonnier de la maison en flammes. François Thériault, 47 ans, n'aura pas eu le temps d'atteindre la porte de sortie. Pour des raisons qui restent inconnues, il s'est vu prisonnier de l'élément destructeur et si agressif. Il a perdu conscience dans le brasier. Black-out.

Les lieutenants Yan et Simon Boivin, alertés par Patrick Tremblay de la présence de François « quelque part » dans la maison, n'auront pour impératif que de localiser la victime et de la transporter en lieux sûrs. Heureusement, un léger souffle de vie était encore perceptible. Rassurés, nos deux amis retourneront combattre l'élément fou.

« Je ne veux pas crever ici »

François Thériault aura un léger moment de réveil. Court. Obscur. La dernière image dont il se souvient est celle d'un pompier penché vers lui. Il se souvient également que dans la maison qui brûlait il aurait crié qu'il ne voulait pas mourir. Ce sera sa dernière pensée. Puis, encore inconscient, il sera dirigé d'urgence vers l’hôpital. Ses brûlures nécessiteront une hospitalisation à Montréal. L’homme fera face à d'angoissants trous noirs quand il voudra reconstituer le fil des événements. Il est incapable de se rappeler ce qui s'est passé. Par contre, il se souviendra toujours de la sensation de mort imminente qu'il a vécue. Un cauchemar qui hante ses nuits.

Dans la salle de réunion de la caserne 24,  en ce beau 8 novembre, l'atmosphère est aux retrouvailles assez particulières. M. Thériault, encore sous le choc, a tenu à rencontrer les intervenants qui lui ont sauvé la vie. Ils seront tous là : Patrick Tremblay, Yan Boivin, Simon Boivin, Laurent Pichon, Kirk Levert et Sébastien Lajoie. Aucun ne porte de titre ce soir. Ils sont tous réunis, émus, heureux du dénouement de cette histoire.

Malgré les questions que pose François Thériault et qui resteront probablement longtemps sans réponse, chacun avait au coin de l'œil la lueur de vie et la certitude du devoir accompli. La présence de la conjointe du rescapé apportait encore plus d'émotion à ces retrouvailles. Elle aussi a vécu l'effroyable. Elle aussi portera toujours les marques de cet événement tragique.

Un dénouement heureux se doit d'être souligné. Le travail de nos pompiers est incroyable. Dans l'urgence de l'action, c'est leur sang-froid qui sauve des vies. François Thériault en est la preuve...vivante!

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