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31 juillet 2018

Sainte-Lucie-des-Laurentides

L’attitude de la mairesse Legault visée par une résolution

Lors d’une assemblée extraordinaire tenue le lundi 30 juillet, le conseil municipal de Sainte-Lucie-des-Laurentides s’est prononcé favorable à 4-2 à une résolution demandant l’intervention d’une firme d’avocats pour dissiper un climat malsain imputé à une présumée attitude harcelante de la mairesse Anne-Guylaine Legault envers des employé(e)s de la ville.

René-Pierre Beaudry , journaliste

Tout comme il l’avait fait à une première séance extraordinaire, le vendredi 27 juillet, le conseiller (siège # 5) Dominic St-Laurent a proposé la résolution visant à améliorer le climat de travail à la mairie de Sainte-Lucie-des-Laurentides, le lundi 30 juillet.
Tout comme il l’avait fait à une première séance extraordinaire, le vendredi 27 juillet, le conseiller (siège # 5) Dominic St-Laurent a proposé la résolution visant à améliorer le climat de travail à la mairie de Sainte-Lucie-des-Laurentides, le lundi 30 juillet.
© Photo Information du Nord - René-Pierre Beaudry

En vacances, la conseillère du siège #4 Manon Bissonnette n’était pas présente à l’assemblée.

Cette résolution a été adoptée 72 heures après que la mairesse se soit prévalue de son droit de veto lors d’un premier vote tenu à une première séance extraordinaire, le vendredi 27 juillet.

Comme l’a fait Mme Legault, la conseillère Annie Dufort (siège # 2) a voté contre la proposition. Elle a expliqué au conseil et aux citoyens dans la salle les motifs de son opposition, énumérant au passage les principaux irritants qui l’y ont menée.

Relations difficiles

Le long préambule de cette résolution identifie en outre les comportements reprochés à la mairesse, dont par exemple « ce malaise résulte de l’attitude, des propos, des prises de position adoptées par madame la mairesse à l’endroit des cadres de la municipalité ainsi que des employés de celle-ci, attitude qui se réflète aussi dans les relations difficiles de madame la mairesse avec les autres membres du conseil (…). »

Un des « attendu que… » fait également mention d’une lettre de mise en demeure datée du 20 avril 2018 et adressée à la mairesse Legault par le sous-ministre aux Affaires municipales (Marc Croteau, NDLR) la sommant de cesser de diffamer les employés de son ministère. Un autre souligne que les employés de la municipalité perçoivent les propos, l’attitude et les prises de position de la mairesse comme des « formes de harcèlement, voire d’intimidation alors que la municipalité de Sainte-Lucie-des-Laurentides a pourtant le devoir d’assurer à ses employés un milieu de travail exempt de telles situations (…) ».

Le conseil (majoritairement) est d’avis que « cette attitude de madame la mairesse découle principalement du fait qu’elle estime être en position d’autorité à l’endroit des cadres et employés de la municipalité et qu’elle se comporte à leur endroit comme si elle était leur employeur (…) ».

Le préambule ajoute qu’il « importe au conseil municipal de rappeler, tant à madame la mairesse qu’aux cadres et employés de la municipalité, que la mairesse ne détient pas l’autorité ultime au sein de l’organigramme municipal, cette autorité étant exercée exclusivement par le conseil municipal lui-même (…). »

La mairesse nie

Par cette résolution, le conseil municipal « réitère sa confiance envers ses cadres et employés et leur demande nommément de rapporter à la direction générale et à la mairesse suppléante, madame Carine Gohier, tous événements, propos ou actes en provenance de madame la mairesse qu’ils perçoivent comme étant susceptibles de constituer du harcèlement ou de l’intimidation. »

« Le conseil ratifie le mandat de Prévost Fortin D’Aoust (PFD avocats) concernant l’envoi d’une mise en demeure à madame la mairesse et visant à faire cesser tout geste pouvant être perçu comme du harcèlement, de la diffamation et autres inconduites auprès du personnel et des membres du conseil majoritaire ». La firme est également mandatée d’assurer le respect de ladite mise en demeure et, à cette fin, d’entreprendre les actes et procédures nécessaires et incluant des recours devant les tribunaux.

« Nous avons (les conseillers en faveur de la résolution, NDLR) tout essayé pour régler le problème sans nous engager dans des frais de justice, nous avons vraiment tout essayé, mais ça ne fonctionne pas… Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous faisons appel à des avocats. C’est absolument par obligation que nous avons décidé de le faire », a confié la conseillère et mairesse suppléante Carine Gohier, après la levée de l’assemblée.

Anne-Guylaine Legault a nié les allégations contenues dans les « attendu que ». « Selon moi, le conseil instrumentalise les ressources de la municipalité à des fins politiques, en ce sens que le conseil utilise les ressources limitées de la municipalité pour régler un problème de nature politique, ce qui est inacceptable », a-t-elle commenté.

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René-Pierre Beaudry , journaliste

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