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30 novembre 2017

Les enfants de Virginia Beach: un roman d'une très grande intensité

Par Danielle Cloutier.William Lacoursière de Sainte-Agathe-des-Monts a de quoi faire rêver: du haut de ses 18 ans, il publie son premier livre.

De gauche à droite: Nicolas de La table ludique, Ghislaine Beauchemin, Arline Lacoursière, Nicole Ritchie, Annette Angers et William Lacoursière.
De gauche à droite: Nicolas de La table ludique, Ghislaine Beauchemin, Arline Lacoursière, Nicole Ritchie, Annette Angers et William Lacoursière.
© Information du Nord – Danielle Cloutier

Tout débute après une lecture de la trilogie suédoise « Les visages de Victoria Bergman » d'Erik Axl Sund. Pour William-E. Lacoursière, une fois l'histoire terminée, ce sera une histoire tirée de sa propre imagination qui prendra la relève. Et là, sans crier gare, arrive le coup d'envoi d'un roman où l'intrigue prend force dès les premières lignes mais qui ne livrera son secret qu'à la toute fin. Un rendez-vous avec pour seule présence un bouquin qui, par sa saga policière, fera s'entrecroiser des personnages de haute voltige. Ça promet!

Retour sur l'auteur, le jeune William E. Lacoursière, 18 ans. Né à Montréal mais Agathois depuis presque sa naissance, William se promène dans la communauté comme tout le monde. Comme tout le monde? Vraiment? Pas tout à fait. William souffre d'autisme, diagnostiqué à l'âge de 6 ans. Son parcours est donc très différent de celui de ses camarades de classe. D'ailleurs, tout chez William est différent. C'est un être incroyable qui vous regarde franc dans les yeux. Il pourrait tenir le monde dans ce regard qu'il vous porte.

À l'école, notre jeune ami a énormément de difficulté à apprivoiser le monde qui s'agite autour de lui. Le bruit, cet ennemi juré, le rend anxieux. Il offrira l'offense comme défense. Ce sera pour lui un long chemin semé d'embûches. Il aura besoin de soutien, de soins et d'encouragements. Sa mère, Arline, sera son phare. Elle y mettra tout son amour mais aussi une forte volonté de faire de William un enfant comme les autres. Il ne le sera jamais. D'un parcours scolaire non-conventionnel, William brisera toutes les conventions. Il sera, lui, écrivain.

Le défi de l’émotion

Sa propre mémoire est incontestable. Il sait donner les précisions qui deviennent importantes. Pourquoi? Parce que même l'heure exacte est importante. On risque de manquer un rendez-vous, peut-être. Les choses précises encadrent. Elles sécurisent. Elles permettent de passer en mode création et de s'y laisser guider. La création est précise dans ses possibilités. Elle ne devient concept que lorsqu'on s'y attarde, lorsqu'elle demande de décrire des émotions que, normalement, on ne peut verbaliser. Parce qu'on est autiste. Parce que, aussi insensé que cela puisse paraître, les personnages du roman vivent des émotions décrites à la perfection par un être qui ne peut, hors création, les exprimer!

Visiter Virginia Beach sous la plume de Lacoursière, c'est entreprendre un voyage qui aura demandé 9 mois d'écriture pour 516 pages livrées en 102 800 mots. On a parlé de précision?

Le jeune William s'est édité lui-même. Il a eu recours à la complicité de sa mère, correctrice, pour l'aider à finaliser et compléter sa riche recherche sémantique.

Le 2 décembre aura lieu une rencontre-signature à la boutique La Gamine de Sainte-Agathe-des-Monts, de 13h à 15h. Puis, le 9, on pour rencontrer notre jeune ami à La table ludique, de 14h à 17h, pour le lancement officiel de « Les enfants de Virginia Beach ». S'en suivra une mini-conférence sur la genèse de ses livres. Vous l'aurez deviné, un autre livre est en préparation.

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