Un remorqueur veut poursuivre un président syndical

Hôpital de Rivière-Rouge


Publié le 10 février 2017

Jérémy Boileau propriétaire de Remorquage J. Boileau de Rivière-Rouge poursuivra en diffamation le Syndicat national des employé(es) du CSSS Antoine-Labelle-CSN et son président Steve Bouchard. Ce dernier a demandé à 750 employés de boycotter sa petite entreprise de remorquage à la suite d’une intervention de routine pour le CISSS des Laurentides, «un remorquage à 60$».

© Gracieuseté Jérémy Boileau

Le 3 février au soir, Remorquage J. Boileau répond à un appel pour récupérer un véhicule garé sur une zone interdite à certains employés du CISSS d’Antoine-Labelle, centre de Rivière-Rouge. Il n’en faut pas plus pour que le président du syndicat national demande par Facebook à 750 employés du CISSS d’Antoine-Labelle de boycotter de la petite entreprise.

La publication du président Steve Bouchard de la CSN est introuvable sur le grand média social à la suite de la parution, dans le Journal de Montréal le 9 février, du conflit l’opposant au remorqueur Jérémy Boileau. Comme ce dernier affirme vouloir poursuivre en diffamation M. Bouchard, il a lui aussi retiré ses commentaires de sa page personnelle Facebook.

Les propos des membres de la page du groupe fermée du Syndicat national des employé(es) du CSSS Antoine-Labelle-CSN sont cinglants à la suite du message de M. Bouchard il y a quelques jours: certains approuvent le boycottage, d’autres non, et d’autres croient que le remorqueur n’a fait que répondre à l’appel d’un client, soit la direction du CISSS.

«Il ne voulait même pas enlever son commentaire. Même lors de notre passage à CFLO, il l’a dit» s’étonne M. Boileau.

Plusieurs fois averti

La responsable des communications au CISSS, Myriam Sabourin, a confié au Journal de Montréal, que le propriétaire du véhicule remorqué a déjà été averti plusieurs fois de ne pas garer son véhicule à cet endroit, espace réservé dit Mme Sabourin aux partenaires et organismes communautaires (comme La Mèreveille). 

Pourquoi il ne s’est pas mêlé des ses affaires? Jérémy Boileau

Jérémy Boileau pense que c’est peut-être une manœuvre syndicale pour mettre la direction de l’hôpital dans l’embarras alors que la CSN est en plein maraudage.

«C’est sûr. Pourquoi il ne s’est pas mêlé des ses affaires?» questionne-t-il lors de sa conversation avec L’Information du Nord.

Steve Bouchard, ayant consulté un avocat, n’a pas voulu répondre aux questions du journal, mais il maintient sa version des faits et ses propos tenus en ligne.

Des conséquences

Jérémy Boileau croit que cette sortie inutile de M. Bouchard pourrait avoir des conséquences sur sa petite PME employant quelques personnes d’ici.

«C’est à long terme probablement que je vais le voir, sur mon chiffre d’affaires en fin d’année. On est 4 000 personnes à Rivière-Rouge et il demande à 750 personnes de me boycotter. En plus des personnes qui ont lu les commentaires.»

Pour un remorquage de 60$ à une personne qui a été avertie plusieurs fois, M. Boileau croit qu’il a agi humainement.

«Moi, on me demande de remorquer un véhicule, je le fais, that's it. Je ne sais pas de quoi il voulait se mêler. Ce n’est pas parce qu’il est délégué syndical qu’il peut salir tout le monde» de conclure Jérémy Boileau.