Val-David: un conseil municipal ou un tribunal?

Publié le 31 janvier 2017

Louise Arbique

©Photo TC Media - Archives

Lors de la dernière assemblée du conseil municipal le 10 janvier dernier, vous avez démis publiquement madame Ghislaine Boisclair de son poste de "membre du conseil" auprès du comité d’analyse de demande d’aide financière.

Ce faisant, vous nous avez présenté un spectacle déplorable, honteux et ambigu. En effet, dans un premier temps, vous avez tenté de justifier votre geste par un mélange d’éloges et d’explications confuses qui ressemblaient grandement à des excuses: "Madame Boisclair, son travail humanitaire, son travail communautaire, je n’ai rien à dire, c’est parfait." (Nicole Davidson)

Menace?

Mais, d’autre part, vous nous dites que vous ne pouvez la maintenir en poste au sein du caucus (novembre 2016), puis au sein du Comité d’aide financière où elle excelle et où elle entretient de bons rapports avec la gestionnaire qui représente l'administration.

"Madame Boisclair ne peut siéger dans des comités où des cadres travaillent. Ça n’a pas été une décision facile, ça n’est pas une décision que je veux être populaire (sic). C’est une décision que j’ai été obligée de prendre pour protéger nos employés." (Nicole Davidson)

Qu’insinuez-vous madame Davidson? Qu’il faut démettre madame Boisclair de ses fonctions car, du haut de son poste à ce comité, elle représente une menace à la sécurité physique ou psychologique de l'employée qui travaille avec elle? Sur cette question, vous laissez les citoyens dans le noir: "Je suis limitée dans ce que je peux vous dire. [Il s’agit d’une] exclusion prise de façon réfléchie et j’ai dû faire mon devoir." (Nicole Davidson)

La simple décence dicte qu’on ne peut démettre quelqu'un de ses fonctions en cours de mandat sans l’avoir rencontré au préalable et sans présenter, en assemblée publique, des preuves accablantes. À plus forte raison lorsqu'il s'agit d'une conseillère démocratiquement élue. Vous vous arrogez ainsi le pouvoir de la congédier publiquement de ses fonctions au sein du comité, mais vous ne pouvez, du même souffle, nous dire pourquoi?

En cour, tous ont droit à la parole madame Davidson. Mais à votre conseil municipal, non. Vous et vos comparses avez jugé sans appel que madame Boisclair était une menace pour les employés. Vous avez publiquement humilié et diffamé une personne et au surplus, à quatre contre un. Par exemple: "Les citoyens savent qu’il y a une situation qui a perduré pendant plusieurs, plusieurs mois et qui a nui beaucoup, beaucoup au climat à l’intérieur de la municipalité." (Kathy Poulin)

Est-ce qu’on tente d’assimiler madame Boisclair à cette situation intolérable dont personne ne veut parler au sein du conseil? Ce n’est pas sérieux et cela jette un fort doute sur le fait que l'équipe Davidson travaille vraiment au bon fonctionnement et à la qualité du climat de travail dans notre municipalité.

Tous les citoyens de Val-David ont le droit de participer à la vie municipale par le biais de leurs conseillers qu'ils appartiennent ou non à l'équipe majoritaire. Les priver de l'exercice de ce pouvoir handicape sérieusement la vie démocratique au sein de notre communauté.

Étant donné que la municipalité de Val-David s'enorgueillit d'être une communauté ouverte et positive, il s’avère plus que nécessaire que ces dispositions soient en premier lieu appliquées  au sein de l'équipe entière des représentants élus.

Quand un conseil municipal se transforme en tribunal, on ouvre la porte à toutes les dérives. Pour le bien de tous, madame Davidson, mettez un terme à la zizanie au sein du conseil municipal.

Louise Arbique, citoyenne de Val-David et candidate à la mairie en novembre 2017