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9 mars 2018

Baisse du nombre de permis de pêche

« La relève chez les jeunes est plus rare » - Claude Thibault

À Québec le mardi 20 février, le député péquiste de Bonaventure Sylvain Roy s’est levé en Chambre pour déclarer que le nombre de Québécois pratiquant la pêche accusait un sérieux déclin ces dernières années.

René-Pierre Beaudry , journaliste

De plus en plus de pêcheurs commencent en mars à se préparer en vue de la prochaine saison de pêche.
De plus en plus de pêcheurs commencent en mars à se préparer en vue de la prochaine saison de pêche.
© Photo Information du Nord - René-Pierre Beaudry

« Depuis 2013, plus de 80 000 permis de pêche de moins se sont vendus au Québec, des millions de dollars en pertes à cause des mauvaises décisions du ministre », a lancé le porte-parole de l’opposition officielle en matière de forêts, de faune et de parcs.

Le ministre visé, Luc Blanchette, a estimé à 775 000 le nombre de détenteurs de ces permis en 2013, contre 692 000 en 2017. « Une baisse d’environ 2% par année », a-t-il résumé, « c’est significatif ».

Deux experts de pêche sportive consultés, Steve Gauthier, de l’Association de chasse et pêche de Saint-Jovite, et Claude Thibault, président de l’Association Chasse et pêche de Labelle, se sont penchés sur les causes de cette baisse. Premier constat, les permis sont rendus trop dispendieux. Les deux hommes s’entendent aussi mentionner l’accès aux lacs rendu difficile aux non-résidents par les associations de lac et les municipalités qui installent des barrières cadenassées, le lavage de bateau obligatoire payant, l’achat de vignette émise par la municipalité et un tarif de mise à l’eau d’une embarcation à coût prohibitif – parfois jusqu’à 500$ par jour!

« N’oublions pas les heures décrétées par une association ou municipalité pour utiliser les rampes de mise à l’eau », d’enchaîner M. Thibault. « Si la barrière ouvre à 7h30, on commence à pêcher au plus tôt vers 8h pour sortir de l’eau à 18h! Or le poisson mord plus facilement vers les 6h du matin ou au coucher du soleil. »

Poissons-appâts interdits

Steve Gauthier ajoute que « de plus en plus au Québec, les lacs ont tendance à se changer en lacs privés auxquels seuls les résidents ont accès… Les lacs devraient être accessibles à tout le monde. »

Un ensemencement annuel inadéquat dû aux prix plus élevés du spécimen mis à l’eau au printemps affaiblit la population de poissons dans lac et réduit d’autant les chances de succès d’une pêche. L’activité est plus attirante si on capture de temps à autre une belle omble de fontaine et un doré de bonne taille.

« La relève chez les jeunes est plus rare », reprend Claude Thibault. « De nos jours, les enfants sont moins patients que nous l’étions et préfèrent passer leur temps sur internet ou une console de jeu plutôt qu’assis dans une chaloupe à attendre que ça morde. »

Les membres de l’Association présidée par M. Thibault estiment que l’absence d’un livre-papier des règlements de la pêche comme ceux remis aux pêcheurs dans le passé et le longueurs permises des poissons capturés qui varient s’une zone à l’autre sèment la confusion et en viennent à décourager quelqu’un à s’acheter un permis annuel.

Ces deux experts de la pêche estiment en outre qu’un règlement instauré l’an dernier et interdisant toute pêche avec des poissons-appâts a des effets désastreux. Nouveauté cette année, ils sont permis uniquement pour la pêche sur la glace, mais l’été, seuls les leurres artificiels sont tolérés.

Pourquoi cette interdiction du poisson-appât? Steve Gauthier croit que la raison est simple : « Dans le passé, des pêcheurs consciencieux se procuraient de ces petits poissons sur place, tandis que d’autres arrivaient avec leurs propres « ménés » importés d’ailleurs. Inconscients, ils vidaient leur chaudière de ménés dans le lac une fois leur pêche terminée. Résultat? Des espèces envahissantes ont contaminé ces lacs en réduisant considérablement leur population de poissons populaires tels la truite, le touladis et autres. Le règlement interdisant les poissons appâts veut mettre un terme à cela. »

Sur une note plus positive, M. Gauthier appuie certaines nouvelles mesures instaurées pour relancer la pêche chez les jeunes, notamment les festivals de pêche ou des activités comme la « pêche en herbe » destinée aux jeunes de 9 à 12 ans. Le permis acheté à cette occasion est valide (et sans frais) jusqu’à leur majorité.

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René-Pierre Beaudry , journaliste

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